Passage du WISC 3 au WISC 4 / Revue Psycho

 

 

Thierry Zalic

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psychologue clinicien ( Licence, Maîtrise, DESS Paris V ),

de formation analytique,

pratique actuelle: Hypnose / Thérapies brèves orientées solutions

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Ce texte est là en tant qu’historique. Je ne pratique plus de tests.

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Le texte ci-dessous, écrit bien avant ma formation en hypnose éricksonienne, est paru (partiellement) dans la revue Psycho de décembre 2007 

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QI : Le passage du WISC III au WISC IV

 

 

Étude comparative sur les WISC III et IV :

Les contenus et les nouvelles problématiques.


 

 

QI : Le passage au WISC IV

 

Étude comparative sur les WISC III et IV :

Les contenus et les nouvelles problématiques.

 

 Plan

Introduction : La grande confusion                                                                                             

 

 

I – Du temps du certificat d’études à l’ère cybernétique

 

A – Le temps du certificat d’études

 

Rappel historique

Composition du WISC III

- l’échelle verbale…

- l’échelle performance…

 

A – L’ère cybernétique…

Les sciences dépendantes de leur siècle

L’intelligence fluide et l’intelligence cristallisée

Les quatre nouveaux indices du WISC IV selon l’organisation d’un ordinateur  

- l’indice de raisonnement verbal : langage / Applications

-l’indice de raisonnement perceptif : le système d’exploitation

-l’indice de mémoire travail : Mémoire à court terme, et mémoire cache

-l’indice de vitesse de traitement : la vitesse d’horloge

 

 

II – Les écarts de résultats entre le WISC III ET LE WISC IV

 

 

A. Un manque de corrélation

B. Journée de réflexion sur le WISC et le QI

 

 

III – La non-légitimité du test

 

 

A -Les trois ordres de réticence des psychologues au WISC IV…

B -La non-légitimité au plan national

C -La non-légitimité au plan international

 

Conclusion

 

Psychologie clinique et éducation nationale

Pour des projets personnalisés hors cotation de QI

 

QI : Le passagedu WISC III au WISC IV

 

 

Étude comparative sur les WISC III et IV :

Les contenus et les nouvelles problématiques.

 

Introduction : La Grande confusion

 

… la guerre gagne les villages… lutte farouche entre les partisans du WISC III et WISC IV…  les concepteurs et les praticiens… l’éducation nationale et les institutions spécialisées… les analystes et les cognitivistes… insultes, coups bas, dossiers renvoyés d’instances en instances…

 

Essayons de comprendre les éléments en jeu. Ces quelques lignes introductives exagèrent à peine la confusion qui règne dans les milieux de l’aide sociale, des psys et des instituteurs travaillant avec les enfants que la dernière loi ayant mis en place les MDPH appellent handicapés, même s’ils ne souffrent que de désocialisation, à partir du moment où ils quittent le cycle scolaire normal pour des institutions spécialisées, ITEP, IME, EREA, SEGPA…

 

La plupart de ces professionnels se battent aujourd’hui autour du nouveau WISC IV, sans même connaître son contenu ni celui de son précédent. La bataille se situe au niveau des chiffres très disparates (moins vingt points minimum pour le WISC IV par rapport au III) malgré les dénégations de l’ECPA, traducteur et adaptateur du test de Wechsler, et diffuseur sur la France.

 

Cette étude comparative a pour but d’expliquer succinctement les deux contenus, fort différents, afin que les instituteurs, membres des MDPH et intervenants de la Santé Mentale sachent ce qu’ils peuvent attendre de ces tests et comment les interpréter.

J’espère que cette étude sera la base d’une discussion plus générale qui s’impose entre professionnelle de l’enfance  » inadaptée ».

 

Ce texte, par souci de simplicité, ne comparera les tests que du point de vue émergé de l’iceberg, les items et leurs fonctions sans entrer dans les soubassements hermétiques, saturations factorielles, analyse de validité transversale, analyse factorielle confirmatoire…

Mon champ d’étude se base sur la perception de terrain et non sur l’arrière-plan mathématique.

 

 

I – Du temps du certificat d’études à l’ère cybernétique

 

A – Le temps du certificat d’études

 

Le WISC (Wechsler Intelligence Scale) est l’héritier américain du Binet-Simon, « test commandé par le ministère public à Alfred Binet et Théodore Simon au début du XX ème siècle et destiné à repérer les enfants déficients dans l’incapacité de suivre l’enseignement devenu obligatoire avec les lois de Jules Ferry. Les enfants ainsi identifiés avec l’échelle métrique d’intelligence devaient alors bénéficier d’un enseignement particulier, ébauche de ce qui allait devenir l’éducation spécialisée. » ( Robert Voyazopoulos, in Journal des Psychologues, N° 230).

 

Dès la conception, la volonté de définir une psychologie de l’intelligence la coupe radicalement d’une psychologie des affects dont le moteur, issu de la psychanalyse, est l’inconscient.

Pour Binet, la psychologie doit cesser de s’intéresser aux états de conscience et placer au premier plan l’analyse de l’activité. ( Michel Huteau, in Journal des Psychologues, N° 234).

 

Si la construction du QI de Wechsler, considérant une loi de distribution normale et des écarts types a remplacé la notion d’âge mental, l’inspiration de base est restée identique.

De 1949 (première version du WISC) au WISC III qui dura jusqu’à 2005, le test n’a pratiquement pas changé hormis quelques adaptations sociales dans les questions et dessins et des réétalonnages  pour corriger l’effet Flynn qui constate une augmentation progressive du QI des populations.

 

Binet comme Wechsler ayant constaté qu’il est impossible d’appréhender l’intelligence dans son ensemble, ils optèrent pour un choix arbitraire avec des taches nombreuses et variées.

 

Les premiers WISC

 

Les premiers WISC, pensés dans une dualité manuel / intellectuel, se composent d’une échelle verbale et d’une échelle de performance.

 

L’échelle verbale

 

 Elle se compose de cinq items (épreuves) :

 

1 / INFORMATION,

cerne les acquis scolaires basiques dans une perspective qualifiable de certificat d’études.

 

-Combien y a-t-il d’objets dans une paire ?-Combien y a-t-il de jours dans une semaine?-Qui a découvert l’Amérique ?-Combien de kilos dans un quintal ?-Quelle est la capitale de la Grèce ?- Que signifie SGDG ? …

 

2 /  COMPRÉHENSION

cherche à repérer le degré de socialisation et le rapport à la réalité.

 

Que faut-il faire quand on s’est coupé le doigt ?- Pourquoi vaut-il mieux construire des maisons en briques plutôt qu’en bois ?-Pourquoi élit-on des députés ? …

 

3 /  SIMILITUDES

appréhende un premier niveau d’abstraction. Il faut trouver le rapport entre deux mots, trouver un point commun entre eux qui constitue une classe.

- En quoi un chat et une souris se ressemblent ?- En quoi le lait et l’eau se ressemblent ?- En quoi la montagne et le lac se ressemblent ? … Il faut trouver les classes animaux, liquides, éléments naturels, fruits…

 

4 /  VOCABULAIRE

participe du cursus scolaire.

 Il faut définir les mots facteur, flacon, diligence, vareuse, jovial…

 

5 /  ARITHMÉTIQUE

est tout aussi scolaire.

 

-Jacques avait 8 images et il en a acheté 6 de plus. Combien en a-t-il en tout ?- 36 est le tiers de quel nombre ? ….

 

L’échelle de performance, par cinq autres items, cherche à voir comment l’enfant se situe dans le temps, dans l’espace, ou dans une suite temporelle temps / espace en relation avec la vitesse de traitement repérée par chronométrage.

 

6 /  Dans l’item COMPLÈTEMENT D’IMAGES, il s’agit de retrouver l’élément manquant d’une image

 

 dent, sourcil, gond de porte, barreau d’une échelle, touches noires d’un piano, ombre de maison…

 

7 /  Dans ARRANGEMENT D’IMAGES, l’enfant doit remettre en ordre chronologique une séquence de 3, 4, ou 5 images représentant une histoire.

 

- Un chien suit deux personnes portant un panier de pique-nique, s’empare d’un poulet qui dépasse, et le mange.-Une fille sort d’une maison, refuse un parapluie, se retrouve trempée, revient, puis ressort.- L’ombre d’une maison se déplace avec le soleil selon les différents cartons. …

 

8 /   CUBES : L’enfant doit reproduire le plus vite possible une figure géométrique en manipulant des cubes aux faces blanches, noires ou rouges.

 

9 /  L’item ASSEMBLAGES D’OBJETS

est un ensemble de puzzles

 

 une tête, un ballon, une voiture, une petite fille, un cheval…

 

10 /  Dans l’item CODE, l’enfant doit mettre le plus vite possible des signes sont des chiffres, en respectant le codage indiqué.

 

 

Par ces descriptions, on s’aperçoit que les qualités principalement prises en compte sont le langage et la compréhension, les repères spatiaux et temporaux, le degré d’intégration sociale et à la réalité.

Des enfants ayant un gros retard scolaire, voire des incapacités, mais  » débrouillards « , bien intégrés dans les tâches courantes de la vie et le repérage d’objets concrets, peuvent obtenir des notes correctes à complément d’images, assemblage d’objets, et même en compréhension.

 

Jusqu’à ce jour, le fait qu’une disparité importante existe entre les deux échelles, verbales et performance, excluait, pour les cliniciens, le diagnostic de débilité. Il n’était retenu qu’en cas de QI très faible aux échelles homogènes.

 

B – L’ère cybernétique

 

Avec le WISC IV, en complète rupture avec le III, nous passons de l’ère du certificat d’études à l’ère cybernétique.

Les recherches sur l’intelligence depuis vingt-cinq ans ont remis à plat le modèle des acquisitions nécessaires à un petit diplôme pour un nouveau calqué sur le modèle informatique.

 

Aucune recherche ni aucune science n’est indifférente

au milieu social qui la produit

 

 

La psychanalyse freudienne a émergé fin XIX ème sur des modèles neurologiques (Freud était neurologue) d’où les termes de pulsion, de charge ou de décharge, refoulement…

 

Lacan, dans les années cinquante, a rajeuni la psychanalyse en y introduisant l’anthropologie structurale, la sémiologie et le langage qui, pour lui, structure l’inconscient.

 

L’ère informatique du XXI ème suit les phases neurologiques du XIX ème et linguistique du XX ème.

 

Le WISC IV est conçu dans cette lignée. Il reprend le modèle hiérarchique de J.B. Caroll intégrant l’évolution des connaissances scientifiques de l’intelligence.

 

Cette intelligence générale comprend l’intelligence fluide, l’intelligence cristallisée, la mémoire générale, la perception auditive, la capacité de rappel, la rapidité cognitive, la vitesse de traitement.

 

L’intelligence fluide et l’intelligence cristallisée.

 

Un ordinateur a besoin trois choses pour pouvoir fonctionner :

Un système d’exploitation, qu’il s’appelle Mc Os ou Windows

Des applications, Word, Excel Photoshop,… qu’il fera tourner,

et une mémoire.

 

Le premier modèle des WISC prenait principalement en compte des « applications » qui fonctionnent dans leur propre univers sans lien avec d’autres applications.

Les problèmes qu’ils résolvaient relevaient principalement de ce que l’on nomme désormais l’intelligence cristallisée.

La définition d’un mot, la résolution arithmétique, la recomposition d’une séquence ordonnée appartiennent à des taches apprises et répétitives qui entrent dans cet ordre.

 

Aujourd’hui, cette intelligence cristallisée, que peuvent acquérir par automatismes et répétition des débiles plus ou moins profonds ou des enfants en grande difficulté, a beaucoup moins de place dans le WISC IV qui privilégie l’intelligence fluide.

Celle-ci est le lien intuitif transversal entre différentes applications qui permet de trouver une solution qui n’appartient pas à une fonction précise.

 

 

Le modèle informatique du WISC IV abandonne les échelles verbales et de performance pour quatre indices :

 

I – l’indice de raisonnement verbal

 

II -l’indice de raisonnement perceptif

 

III -l’indice de mémoire de travail

 

IV -l’indice de vitesse de traitement

 

I

L’indice de raisonnement verbal

=

Applications.

 Intelligence cristallisée.

Cet indice est proche de l’échelle verbale du WISC III. Sans le langage, sans un codage de mot sur une image, rien n’est possible. Cet indice reprend les items du WISC III 1 / SIMILITUDES2/ COMPRÉHENSION3 / INFORMATION

 

II

 

L’indice de raisonnement perceptif

=

Système d’exploitation.

Intelligence fluide.

 

 Cet indice reprend l’item cubes du WISC III et en ajoute deux autres. 4 / CUBES5/ IDENTIFICATION DE CONCEPTS6 /MATRICES

 

5 / IDENTIFICATION DE CONCEPTS

 

Plusieurs rangées d’images sont superposées. L’enfant doit relier une image de chaque ligne à une autre pour les joindre dans une cohérence de classe.

Il faut reconnaître l’image, comprendre sa fonction et la mettre en interaction avec une autre qui aurait la même.

Le nombre d’objets et de lignes s’accroissent avec la difficulté, mais il faut toujours citer un objet de chaque ligne.  Par exemple, repérer des objets, qui roulent, qui volent, qui servent à écrire, à jouer…

 

6 / MATRICES

 

Cet item, issu des matrices des Raven, divise un dessin en plusieurs carrés, 4, 8, 16, 32… Tous les carrés sont emplis de dessins, similaires ou différents, un peu ou beaucoup, sauf un.

Il faut trouver le carré manquant parmi une sélection figurée en bas de page. Pour cela, il faut mettre en rapport les tailles, les séquences, les orientations des lignes, le rapport géométrique entre plusieurs éléments…

Ce test est plus abstrait qu’identification de concepts.

 

III

 

L’indice de mémoire de travail

=

Mémoire à court terme.

Mémoire cache.

 

   7/ MÉMOIRE DES CHIFFRES8 /SÉQUENCES LETTRES-CHIFFRES

 

 

Cet indice représente deux faces de la mémoire de l’ordinateur, la mémoire à court terme et la mémoire cache, souvent 1 Mo, 2 Mo ou 4 pour les plus puissants, quand le disque dur (mémoire totale) est de 80, 120, 160 Go…

Cette mémoire cache permet de faire fonctionner des taches particulières sur une petite partie de la mémoire, ce qui est plus rapide que bouger le tout. Le résultat sera réinjecté dans le disque dur à la fin des opérations. Plus cette mémoire est grande, mieux tournera l’ordinateur car il aura moins d’aller et retour à faire pour chercher dans la mémoire générale l’espace qu’il lui faut pour réaliser l’opération.

Cet indice comporte :

 

7 / LA MÉMOIRE DES CHIFFRES

 

Il faut répéter, à l’endroit toute une séquence de chiffres, de plus en plus nombreux, puis d’autres séquences à l’envers. (Mémoire à court terme)

 

8 / LA SÉQUENCE LETTRES-CHIFFRES.

 

Il faut ordonner dans l’ordre des chiffres et des lettres données dans le désordre, les chiffres de façon croissante d’abord, puis les lettres dans le même ordre.

 

Par exemple, pour  9 J 4, il faut répondre 4 9 J.

Pour 1 B 3 G 7,      1 3 7 B G.

Pour7 Q6 M 3 2,   3 6 7 M Q Z.

 

Ces réponses mettent en jeu une mémoire cache où il faut stocker un certain nombre d’information en réalisant certains traitements.

 

Enfin le quatrième indice :

 

IV

 

Indice de vitesse de traitement

=

Vitesse d’horloge de l’ordinateur

 

 9 / CODE, identique au WISC III10 / SYMBOLES : dans une ligne de signes, l’enfant doit cocher oui ou non selon si un signe est répété ou pas.

 

La vitesse d’horloge de l’ordinateur est de 1 mghz, 1,3,  1,6, 1,88… Plus la vitesse d’horloge est haute, plus le système d’exploitation met en œuvre rapidement les applications. Pour reprendre les mots de Palette Rozencwajg (psychomédia N° 12) plus le sujet traite rapidement les informations, plus il soulage sa mémoire de travail et devient performant.

Cette vitesse d’horloge est analysée par les items Code et Symboles, épreuves faciles et chronométrées.

 

 

II – Les écarts de résultats entre le WISC III ET LE WISC IV

 

A. Un manque de corrélation.

 

Les concepteurs du WISC soutiennent qu’une corrélation très élevée, .80, existe entre les QI totaux des deux tests.

Sur une population dite « normale », sans trouble spécifique, cette corrélation est sans doute exacte.

Le problème vient d’une population d’enfants dits « d’intelligence normale avec retard scolaire et troubles associés du comportement et de l’attention », et / ou des personnalités limites, autrement appelées borderline.

 

Cette population se retrouve souvent, selon les cas, dans des ITEP, IME, IM Pro, EREA, SEGPA, CLISS…

Travaillant en ITEP, j’ai personnellement pu comparer les QI d’enfants évalués avec le WISC III, puis avec le WISC IV.

Cette étude sur plusieurs enfants montre une différence de 20 à 30 points.

Ci-dessous, la cotation sur trois cas :

 

Enfant 1 :               WISC III passé en avril 2004 : 83

WISC IV passé en janvier 2006 : 53                 (enfant âgé de 8 ans 11 mois)

Différence au QI total de – 30 points

Enfant 2 :               WISC III passé en mars 2005 : 89

WISC IV passé en novembre 2005 : 57           (enfant âgé de12 ans 1 mois)

Différence au QI total de – 32 points

Enfant 3 :               WISC III passé en septembre 2004 : 98

WISC IV passé en novembre 2005 : 69           (enfant âgé de 9 ans 6 mois)

Différence au QI total de – 29 points

 

D’autres test ont été réalisés sur des enfants pris en charge à l’institution, mais d’intelligence normale avérée. Une différence non significative de cinq points séparent alors les deux test. Un exemple :

 

Enfant 4 :               WISC III passé en septembre 2004 : 123

WISC IV passé en décembre 2005 : 119          (enfant âgé de 13 ans 6 mois)

                                                                                                              Différence au QI total de -5 points

 

La différence sur les enfants limites, de 20 à plus de 30 points se comprend. Ses enfants, adaptés socialement malgré des troubles de l’humeur, à l’aise avec le quotidien et souvent sans troubles majeurs dyspraxiques, peuvent remettre des images dans l’ordre, réaliser des puzzles, répondre à comment faire bouillir de l’eau. Ces enfants bien conditionnés au quotidien ne peuvent pas forcément suivre des pensées plus abstraites.

 

Par ailleurs le WISC IV, prenant moins en compte l’adaptation sociale cerne mieux les principes mêmes de l’intelligence et son fonctionnement, et devient de meilleure prédictivité pour un cursus scolaire.

Bien des résultats précédents ne reflétaient pas suffisamment les incapacités ou difficultés logiques de l’enfant.

 

Ces constatations faites, je dois donc démentir deux points que soutiennent les concepteurs du test.

 

Le QI Total n’est pas corrélé entre les deux tests

pour la catégorie de population d’ITEP ou de SEGPA

 

tout comme l’on vient d’observer qu’elle ne tient pas pour les anciens surdoués, qui existent toujours par la distribution de la courbe de Gauss, mais ne sont plus les mêmes.

La corrélation n’existe pas plus au fil du temps pour les populations limites.

 

Le QI n’est pas forcément invariable pour un même sujet

 

Pour les concepteurs, le QI devait être invariable tout au long de la vie. Or, avec cette population fragile, je constate pour certains de grandes variations selon leur état mental lors de la période de passation, ou en cas d’arrêt d’acquisition tandis que l’âge évolue.

Dans ce type de cas, le QI n’est qu’une photographie des capacités dans un temps donné, et non un invariant qui pourra suivre l’individu.

 

B. Journée de réflexion sur le WISC et le QI.

 

Tout en soutenant que ce nouveau test est de meilleure prédictivité pour le cursus scolaire, un problème énorme se lève face aux MDPH (ex CDES) et à l’éducation nationale. Avec ce test qui porte le même nom mais pas le même chiffre, WISC III ou WISC IV, les résultats n’ont plus rien à voir.

 

J’ai été amené à exprimer ces résultats en public lors d’une journée sur le WISC et les usages du QI organisée par le journal des psychologues le 25 mars 2006.

 

La réaction a été double.

 

1

Refus de mes chiffres et de mes constatations par les représentants de l’ECPA (adaptateur et diffuseur du test) et les professeurs de Faculté qui répondent que tous les calculs prouvent que cette corrélation existe.

 

2

Approbation des psychologues praticiens de la salle constatant les mêmes écarts et confrontés aussi à l’impossibilité d’homogénéisation des deux tests.

 

III – La non-légitimité du test

 

Cette nouvelle dualité a finalement l’intérêt de nous interroger sur le test. Après les années soixante-dix quatre-vingt qui incarnèrent un refus des notations et des sélections dans un mouvement à la fois post soixante-huitard et psychanalytique, le WISC fut admis et banalisé.

 

Aujourd’hui l’antagonisme des deux fait resurgir le débat.

Les WISC IV réalisés en institution sont refusés par les MDPH qui arguent qu’un enfant ne peut entrer en IME ou en CLISS sur ces chiffres-là et demandent qu’on leur fasse repasser un WISC III, même si le praticien pense que le WISC IV est de meilleure prédictivité scolaire.

Chaque praticien peut arriver à des aberrations comme faire passer un WISC III à un enfant limite pour éviter un conflit avec les MDPH qui refuseraient le premier diagnostic axé sur le IV, et faire un WISC IV pour un enfant qui ne peut être qu’en CLISS sans souffrir à partir du moment où ses parents ont décidé de le retirer de l’institution où il était scolarisé.

 

Le WISC n’a pas de légitimité en soi. Il est, par sélection naturelle pourrait-on dire, devenu la référence en test d’intelligence face à la nouvelle échelle NEMI ou au K. ABC.

Puisqu’il est la référence et qu’il progresse, tous devraient utiliser la nouvelle mouture, le WISC IV, alors que c’est l’exception.

 

A. Les trois ordres de réticence des psychologues au WISC IV.

 

Les réticences des psychologues sont de trois ordres :

 

- Effort à fournir pour se réadapter à un nouveau test pour des praticiens qui perdent leurs anciennes références. ( Échelles verbales et performance )

 

- Estimation que le WISC IV est moins clinique que l’ancien et laisserait une part plus grande à la psychologie cognitive.

 

-Diversité trop grande des résultats constatés par tous les maillons de la chaîne, instituteurs, inspecteurs d’Académie, psychologues, référents de tous ordres….

 

Pour ne pas alourdir le propos, je ne développerai pas ces trois points, hormis pour préciser que ce test n’a rien de clinique en soi, sauf à le détourner en analysant la relation, le comportement, la part de transfert avec le thérapeute.

On peut davantage appréhender des troubles telle la dyspraxie avec le III, mais ce diagnostic pourrait être fait autrement.

 

B -La non-légitimité au plan national.

 

Il faut donc revenir à la question qui devrait être dans la tête de tout praticien, pourquoi faire passer des tests ?

 

Au plan national, le seul but est de diriger les enfants vers une éducation normale ou spécialisée.

Ne faut-il pas renvoyer à l’éducation nationale le fait de tester un enfant puisque le diagnostic clinique ne les intéresse jamais et que les MDPH ne lisent que les chiffres.

D’autres problèmes non cliniques s’ajoutent à cela, clientélisme par rapport aux établissements, quotas d’enfants par école ou nouvelle section… nombre de place…

On est souvent loin de l’intérêt de l’enfant.

À ce niveau national, puisqu’il n’y a pas légitimité au test, ne faudrait-il pas un décret national qui le lui donne, ou une note précise du Ministère de l’Éducation Nationale, ou de la Santé, qui indiquerait ainsi quelle version utilisée, et dans quel dessein ?

 

B -La non-légitimité au plan international. 

 

Au plan mondial, les psychiatres ne sachant comment classer les déficients non atteints de maladie organique se sont défaussés sur les psychologues en proposant une sériation axée sur le QI.

Dans la classification OMS (Organisation Mondiale de la Santé) la répartition est :

 

F 70,  Retard Mental Léger, QI de 50 à 69.

F 71, Retard Mental Moyen, QI de 35 à 49

F 72, Retard Mental Grave, QI de 20 à 34

F 73, Retard Mental Profond, QI au-dessous de 20.

 

Dans ce code CIM 10 des diagnostics principaux, il est fait référence à un QI sans nommer le test qui le définirait. Or, sur le marché et dans la réalité, tous les praticiens utilisent les tests de Wechsler, WAIS pour adultes, WISC de 6 à 16 ans, et WIPSI au-dessous de 6 ans.

 

Dans le cas du WISC, version française, un enfant qui aurait 0 aux 10 items se retrouverait néanmoins avec un QI de 45 avec le WISC III, et un QI de 40 avec le WISC IV !

Ainsi la classification OMS est impossible à tester avec ces tests et n’est pas crédible, au-delà de la débilité légère, à moins qu’elle repose sur d’autres qui ne sont pas cités.

 

Conclusion

 

Pour conclure, il faut rappeler que la passation de tests n’est qu’un petit élément de la pratique du psychologue clinicien.

Cette passation pourrait éclairer quelques points au sujet d’un enfant sur lequel on s’interroge, et non servir de critère de sélection pour l’éducation nationale qui possède des conseillers orienteurs appelés psychologues solaires. Rappelons que ceux-ci n’ont aucune formation clinique.

Si un instituteur, dans le cadre d’une institution type ITEP ou IME, demande un WISC, celui-ci a désormais le choix.

 

Avec le WISC III, il appréhendera les acquis de l’enfant et sa socialisation, ses repères temporaux et spatiaux, ce que l’on peut appeler ses applications appartenant à une intelligence cristallisée. En terme marxiste, nous pourrions dire la superstructure.

 

Avec le WISC IV, il appréhendera le système d’exploitation et l’intelligence fluide, l’infrastructure.

Une disparité peut exister entre l’apparence d’un individu et son résultat. Ainsi ai-je testé un enfant agréable, qui tient des propos normaux, réalise correctement toutes les taches du quotidien malgré un important déficit scolaire. Le WISC IV donne à cet enfant charmant, or ses crises de colère, un QI de 51.

 

Si la WAIS, test pour adulte, est conçue avec les mêmes critères, que je trouve excellent, rappelons-le, pour appréhender le dynamisme intellectuel réel, beaucoup de nos proches, dans notre famille même, pourraient se retrouver avec des QI très bas tout en étant très bien socialisés et en servant fort bien les leurs et la société.

 

Il est important de re-constater que l’intelligence n’est ni le résultat d’applications acquises, ni de la plasticité d’un cerveau face à des tâches abstraites.

Toute sélection, ou orientation, devrait se faire pour le meilleur développement possible de l’enfant sans le dictat d’un chiffre précis et en prenant en compte tout l’aperçu social, affectif et clinique.

Dans des cas très précis, un enfant pourrait entrer en IME avec un QI de 80 et un autre en ITEP avec un QI de 50.

L’approche multidimensionnelle et la mise en forme d’un projet cohérent et expliqué à tous les intermédiaires devraient être la seule règle.

 

C’est sans doute là où l’analyse pragmatique tombe dans l’utopie.

 

Lectures préalables à cette étude

Études statistiques des WISC III et IV

Articles et conférences de Robert Voyazopoulos,

Psychologue

à l’École des Psychologues Praticiens,

à l’Institut Catholique de Paris,

et chargé de cours à Paris V

Articles de Paulette Roezencwajg,

Maître Conférences en Psychologie différentielle à Paris V

 et au Laboratoire de Psychologie et Neurosciences cognitives au CNRS.

Articles de Christine Arbisio,

 Maître de conférences à Paris XIII…

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